À Sevran, dans la banlieue de Paris ou les pavillons joints des premiers colons des campagnes côtoient les tours hautes des naufragés de la ville, se trouve une maison discrète. Le portail rouillé grince en s’ouvrant, un minuscule jardin gît devant la porte, la caméra pourrait s’approcher, encourageant l’effet se tourner vers un visage coulant immobile à la fenêtre grise. C’est une maison lasse, fatiguée d’avoir abrité la vieillesse et la mort. Au dernier étage, les photons ricochent sur des particules de peau en suspension; éclatent sur fond brun en prisme lumineux. Un bois tranché plan raboté puis poli des années accueille des formes claires, et du velours vert ralenti en plis ondés. Sur une surface de plusieurs pas sous deux obliques basses. Un coffre découvert me salue, m’invite, il a ouvert ses loquets. J’ouvre son couvercle. Seul posé ici, en son fond de poirier un masque sculpté et peint, entaillé en endroits, cuiré en envers rouge noir et blanc, deux systèmes de cercles concentriques figurent les pupilles écarquillées d’une face transie. Un bec, de nombreuses bêtes habitent sa cime, jaillissent et provoquent mon intrusion malvenue. La mâle qui sait, pourtant me le tend et je saisie. Des sangles bouclées me suggèrent la coiffe, je les harnaches sous mon cou, à l’arrière de ma nuque au sommet de mon crâne. Le masque occulte d’abord ma vue, puis mon ouïe. Je suis rentré dans son jeu vouté sachant les règles et s’y soustraire serait sombrer. Aucun état ne mesure l’espace que j’occupe, la gravité est constante comme certitude. Une tâche jaune naît devant ma cornée, seul signe je l’observe puis un souffle de loin, je l’écoute. Mon voyage s’initie doux et regardant.