Mon pied se tord à la réception de la plante sur un pavé disjoint légèrement plus élevé que ses voisins direct. C’est une irrégularité mineure, mais gênante. Les pierres scindées à l’eau ont été ajustées avec une minutie mécanique, la marche naissant sous mon talon rompant le déroulé de ma jambe m’alerte. La rue n’est pas vide, plusieurs ambulent en trouples alternés. Il y a des arbres, et de la terre sèche en particules nuage dans l’air. Le soleil est très doré, c’est une fin d’après midi douce comme une fin d’hiver.
Rompant ma cadence solitaire, je me suis interrompu déjà trop longtemps pour ne pas émettre l’information d’un dérèglement dans le flux régulier de notre courant continu. Il faut que j’agisse vite. Mobilisant les muscles arrière de mes cuisses, j’arque ma colonne et ferme mes genoux. Je tend mon bras et ma main atteint le niveau du sol, mes ongles glissant sur les bords de la petite pierre taillée trouvent à se crisper, et en douceur je déloge le pavé de son écrin de sable. Sous ce minuscule dolmen se trouve un cercle brillant, dix franc, nouveaux, au pourtour crénelé. Une face regarde le pavé voisin. Je ferme ma main sur la pièce, et scelle la sépulture profanée.